• Volets fermés

     

    Seul perçant l’obscurité

    de mes draps de rêve

    le souffle puissant

    de cet animal

    sauvage

     

     

    Fabuleux et sauvage

    souffle profond de vies mille et une

    de dragon insoucieux

    arbres sur son errance las

    transformés en gisants

    flots ailleurs démontés

    reliefs au buffet

    de notre présence

     

     

    Mais ici cette nuit

    son souffle

    flaire les interstices

    de mes volets fermés

    et les vitres d’effroi

    fait crisser

     

    de réjouir mon être archaïque

     

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  • S’ouvrir

    aux vents des plaines

    dans ses sens dans son sang

    les ressentir

    pulsation de liberté

     

     

    Frères vents

    vous

    vos hardiesses

    et mélopées

    visage buste envolés

     

     

    Houles plaines

    de blés en liesse

    agitées de forêts

    leur souffle - mots

    aux trilles mystérieuses

    continuellement perce

    mes lignes d’étonnements

     

     

    Favre Claude

    la poétesse

    un jour nous demanda

    quels poèmes

    appris en cœur

     

     

    Ce chant-là

    celui de Vents

     

     

    Vers

    ces quatre premières lignes

    chaque mesure

    chaque stance

    et silence

    danse en mes lignes de vie

     

     

    Mue merveilleuse

    tatouant l’ado de mes frêles peaux

    tout autant

    que le cuir des années nombreuses

     

     

     

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  • Aube (haïku) - volumen I, têtraède 11 x 11 x 11 cm, texte et conception du livre Géry Lamarre, 2017

     

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  •  

      

    Toujours est là la route devançant l’invisible

    tendue comme un projet

    un fil que l’on se fait 

    que l’on tire ou retire

    de l’écheveau du né

    ant

     

    Toujours la route est là de croix nos pas semés

    choix qui nous appartiennent

    nous accompagnent

    petits cailloux nos deuils  

    en stèle aux carrefours

     

    Au cœur des croisements

    rues avenues fourches sentes et dédales

    parmi tous nos seuils constellés d’i

    nexploré

    dis

    lequel nous amènera là où on joie ?

     

    Suspendue en ces lieux nous faisant rois errants

    la poésie enflamme la

    douce et rugueuse énigme que sont nos vies

     

    Sensualité

    cet entre-deux

    mouvement

     

     

     

     

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  •  

     

    Bosquet de lilas

    moineaux mésanges y plongent

    puis remontent les vagues ramures

    comme nageurs de hautes frondaisons

     

     

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  •  

    Façonnés à croire

    à croire le monde ce qu’il parait

    Or le monde

    parure de notre regard

    notre regard

    croître le monde bien plus vaste

     

    Recueille

    les larmes de renaissance

    chaque brin d’herbe

    perlant chaque aube de ce monde

     

    Bouscule

    certaines pensées

    aère-les

    poussière de colère

    poussière dépassée

    polis-les qu’elles brillent

    aux premiers jours de leur gemme

     

    Soulève ces pierres

    Belles elles dissimulent pourtant

    le terreau de ton cœur

    qu’il devienne enfin territoire

    ciélé de mille lucioles folles de joie

     

    Transforme feuillages

    vents et rivages

    en compagnons fidèles

    qui chantent et élèvent ta présence

    quitte à l’ombrager parfois

    comme le ferait tout ami

     

    Vois

    les grains de temps

    qui partout se déposent

    poussière

    comme secondes

    minutes passées

    posées nourrissant le tapis

    des fleurs du présent

      

    Le monde

    et les hommes passants

    sont moirés de contredits

    beauté sauvagerie

    grandeurs et rétrécits

    sont faits inhérents à la vie

     

    Nous seuls

    individus

    pouvons offrir aux rencontres

    qui nous tissent

    l’or de notre regard en partage

     

     

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  •  

     

    Verger de notre vie  

    enclos de terre              

    jardiné à fleurs de nuages

     

    Paysage

    tissé

    à d’autres paysages

                                  

     

    En fauchant

    les broussailles   

    fâcheuses

    de notre héritage

    parviendrons-nous       

    à le maintenir                 

    enchanté?

     

    Cette terre jalonnée

    de fruits sucrés

    comme des rencontres

     

    Sucrés parfois

    parfois surets

     

    Mais tous

     

    Matière d’humus

    nourrissant

    notre sol

    d’une richesse essentielle

     

     

    Nos cieux lumineux    

    et ceux d’orages                                           

    sont semences plantées 

            

    Peut-être promesses 

                 

    Mais avant tout

    moisson

    moisson immédiate de beauté             

     

     

    Un labeur  

    de toute heure      

    sarcler sans relâche 

    le sens des rires et des malheurs

     

    Extirper l’épine de stupeur

    dans le cœur du temps

     

     

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  •  

     

    Dans les dessous

    éclatants du soleil

    la nature a tous ses sens renversés

     

    Dans le bois

    un édredon de blancs pollens

    les flocons remontant vers le ciel

     

     

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  •  

    Je danse

    me nourrissant

    du flow de la Terre

     

    Langages

    dénudés

    pieds  oreilles cœur

    faisant parler le tambour

    sa peau tendue de poussière

    disent le flux de la vie

     

    Mon corps 

    groove en cadence

    chaque pas tel un battement

    cherche à s’accorder à son pouls

    à notre mystère

     

    Je transe

    naissant rythmes originaires

    invoquant un ailleurs du temps

    suspendu au feu de la danse

     

     

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  •  

    FORÊT XV

     

     

    Laissez-moi marcher

    poser mes pas

    à l’écoute de la Terre

     

    Elle fructifie l’héritage

    espoir et souffrance

    ténacité au bonheur

    de nos innombrables à jamais transformés

     

    Puiser l’admirable

     - énergie nourricière - 

    sérum perfusé par cet humus qu’est la terre

     

     

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