• FORÊT XXV

    Forêt d’hiver

     

     

     

    En son sein la forêt retient la mémoire des siècles

    colosses et brindilles déchus

    fétus d’os par le lichen du temps recouverts

     

    Tant d’orages aux eaux sombres ont éteint

    les éclats pourpres de la terre

    et pourtant de ce tapis percent

    sans cesse

    de fragiles germes

    laissés en héritage

     

     

     

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  •  

    ARCHIPELS

     

     

    Archipel [ar-chi-pèl] s. m.

    Espace spécifique entre des éléments isolés entretenant des liens importants et primordiaux.

    Ainsi un espace géographique n'est pas nécessairement continu: les liens entretenus par ces îles en réseau  « par-dessus » l'espace marin qui les sépare, constituent un espace discontinu se caractérisant par sa cohésion.

     

    1.

     

    Nous voyageons

    dans les grandes îles

    des solitudes

    des je aux autres reliés

    en escales d’instants

     

    Nos esquifs

    sur cet océan des ans

    s’adonnent ou se refusent

    selon la gigue des vents

     

    Accords flottants

    esquisses ou esquives

    capricieux pas de deux

    sur des reflets d'étoiles

     

     

    2.

     

    Îles

    perles

    essentielle chacune

    sur la parure de l'existence

     

     

    Solitudes étincelées

    de rencontres

    passages flux et reflux

    tissés de volcanique

     

     

    3.

     

    Nous

    iles elle je

    ainsi voyageons

    voués

    aux murmures des hauts fonds

     

    et leurs imprévisibles présages

     

     

     

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  •  

    Tu entres en forêt

    avant toute chose

    par l’odeur des végétaux

    qui très lentement imperturbablement

    inhument leur présent en fumure

     

     

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  •  

    En ces bois

    à chaque pas le paysage j’ai inventé

     

    et à chaque pas de côté m’a réinventé le paysage

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  •  

    Forêt XVIII

     

     

    Montagne du Musan

    tsunami minéral

    dans le temps figé

    en suspend de submerger la forêt 

     

     

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  •  

    I

      

    De ne sais quels

    replis de la nuit

    soudain

    les mots sourdent

    eau qui perle

    aux lisières du néant

    tension fébrile seconde d’éternité

    suspendue aux sables de l’oubli

      

    II

     

    Au début

    gouttes de mots

    quelques

    gorgées telles rouges baies

    et la sérénade de leurs chairs

    félicité

     

    Puis peu à peu source s’évasant

    chaque expiration devient

    torrent    rivière    fleuve

    laisse jusqu’aux hautes mers intérieures

    inspiration

     

    Suivre le cours de l’instant

    ignorant et confiant

    à la fois

    me laisser porter sur les remous de ces mots

    flotter sur les flux de leur inattendu

    me menant hors des pays de brumes

     

    III

     

    Me ressens passeur plus vaste que moi

    vasque du chant des hommes et des lieux

    mémoire des bois et des gouffres

    rivages de joies sédiments de larmes parfois

     

    Quelle saveur ce cours imprègne aux jours

    si ce n’est l’intense?

    parcourant les méandres

    c’est moi-même que je parcoure

    éclaboosté de flux mystérieux

    dont je ne comprends pas toujours la source

    mais qui me ressourcent

     

    IV

     

    Dépôts limons aux rivages de l’être

    sèves  nourries des forces minérales

    en nos nappes souterraines puisées

     

    L’eau des mots s’écoule et coule

    scintillantes perles écloses dans

    le carbone de la nuit

    l’ouvrage des jours

    en peaufinera l’éclat de leur feu

     

    De cet au-delà du dedans

    jaillit l’eau de ces mots

    sans cesse bruit rose chantonnant

    semence de nos expériences

     

     

    V

     

    Ainsi soudain perlent mes mots

    au cœur de je ne sais quels replis

    travaillent en profondeur

    l’eau de mon être

     

     

     

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  • Volets fermés

     

    Seul perçant l’obscurité

    de mes draps de rêve

    le souffle puissant

    de cet animal

    sauvage

     

     

    Fabuleux et sauvage

    souffle profond de vies mille et une

    de dragon insoucieux

    arbres sur son errance las

    transformés en gisants

    flots ailleurs démontés

    reliefs au buffet

    de notre présence

     

     

    Mais ici cette nuit

    son souffle

    flaire les interstices

    de mes volets fermés

    et les vitres d’effroi

    fait crisser

     

    de réjouir mon être archaïque

     

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  • S’ouvrir

    aux vents des plaines

    dans ses sens dans son sang

    les ressentir

    pulsation de liberté

     

     

    Frères vents

    vous

    vos hardiesses

    et mélopées

    visage buste envolés

     

     

    Houles plaines

    de blés en liesse

    agitées de forêts

    leur souffle - mots

    aux trilles mystérieuses

    continuellement perce

    mes lignes d’étonnements

     

     

    Favre Claude

    la poétesse

    un jour nous demanda

    quels poèmes

    appris en cœur

     

     

    Ce chant-là

    celui de Vents

     

     

    Vers

    ces quatre premières lignes

    chaque mesure

    chaque stance

    et silence

    danse en mes lignes de vie

     

     

    Mue merveilleuse

    tatouant l’ado de mes frêles peaux

    tout autant

    que le cuir des années nombreuses

     

     

     

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  • Aube (haïku) - volumen I, têtraède 11 x 11 x 11 cm, texte et conception du livre Géry Lamarre, 2017

     

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  •  

      

    Toujours est là la route devançant l’invisible

    tendue comme un projet

    un fil que l’on se fait 

    que l’on tire ou retire

    de l’écheveau du né

    ant

     

    Toujours la route est là de croix nos pas semés

    choix qui nous appartiennent

    nous accompagnent

    petits cailloux nos deuils  

    en stèle aux carrefours

     

    Au cœur des croisements

    rues avenues fourches sentes et dédales

    parmi tous nos seuils constellés d’i

    nexploré

    dis

    lequel nous amènera là où on joie ?

     

    Suspendue en ces lieux nous faisant rois errants

    la poésie enflamme la

    douce et rugueuse énigme que sont nos vies

     

    Sensualité

    cet entre-deux

    mouvement

     

     

     

     

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