• Parchemin des forêts (extraits)

     

    1.

     

    Si. Lointain est l’océan.

    Et pourtant.

    Souples. Majestueux. Dans les bras des vents bruns. Ces grands arbres. Parures dévêtues. Dansent. Indolents. Leurs corps battants. Aux élans des grands vents. Se souviennent. Dépositaires du parchemin de. Notre commune. Ancienne ascendance. Se souviennent d’une mer. À l’aube des temps. Et reprennent. En chœur. Le chant ancestral. De ses ressacs. Et je danse avec eux. Puisant. L’admirable. Ce sérum transfusé. Depuis l’humus. De leurs feuillages perdus. De leurs feuillages à renaître.

     

    2.

     

    Cet humus. En nos veines. Est un. Chant. Un chant organique. Se déployant. Dans l’exaltation. De notre. Sensualité. J’appose mes pas. Sur les odeurs. Des sous-bois. J’éprouve mon écoute. Au rythme. Lent. De leur sève. Y trouvant le pouls de mes joies. Caressant leurs mystères. Inquiétants. Et savoureux à la fois. Souvenirs de l’enfance. J’observe. Leurs mousses résilientes. J’y goûte. Les canopées. Aux gazouillis fugitifs. Et. L’envolée des étendues. Galopant le dos des collines. Fuyantes. Donne rythme. À ce chant de flair. D’où surgissent. Les effluves de mon écriture.

     

     

    3.

     

    J’ai arpenté. Le recueil de. Ces forêts de Flandre et d’Artois. Celles qui. Dès l’aube des âges. Jusqu’aux grandes guerres. Ont cueilli les Hommes. Jeunes et moins jeunes. Dans leurs folies sauvages. Ces démences. Entreprises. Pour les profits. De nos petits chefs. De guère. Ont cueilli ces Hommes. Qui. Légions violemment. Couche après couche. Pareils à des feuillages. Sont devenus. Frères des arbres. Lignées. D’humus et d’hubris. Au fil de flux et reflux. Nos innombrables. A jamais transformés.

     

    (à suivre...)